Retour


  • Pourquoi le Groupe de recherches
  • Nos buts
  • Qui sommes nous

  • Pourquoi le Groupe de recherches

    Le Groupe de Recherches "Dannes-Camiers" a été constitué par des enfants et petits enfants de déportés liégeois dans les camps de travail du Nord de la France. Il a pour objectif de retrouver, rassembler et diffuser les informations et les documents relatifs à cet épisode peu connu de la déportation des juifs de Belgique ainsi que les documents provenant des différentes administrations communales existant sur les déportés liégeois et serésiens.

    Rappelons brièvement que pour défendre les conquêtes du III Reich, Hitler fit édifier de formidables fortifications tout le long de la côte Atlantique. Le mur de l'Atlantique fut érigé au prix d'un dur labeur de la part de travailleurs volontaires, de requis, de prisonniers mais aussi et surtout au prix d une terrible souffrance et du travail d'esclaves imposés à deux mille deux cent cinquante-deux (2.252) juifs de Belgique mis au travail dans des camps du Nord de la France (départements du Nord et du Pas-de-Calais).

    Dès le 13 juin 1942, les juifs de Belgique commencent à être affectés aux camps de l'organisation Todt du Nord de la France. L'opération s'étale sur trois mois : d'Anvers partent quatre convois le 13 juin, le 14 juillet, le 15 août et le 12 septembre, trois autres convois quittent respectivement Bruxelles le 26 juin; Charleroi, le 31 juillet et de Liège le 3 août. Ce sont ainsi un peu plus de cent quarante Liégeois et Serésiens qui seront déportés. Comme l'occupant l'a concédé, ils sont choisis parmi les " asociaux ". Les ordonnances établies en 1941 interdirent aux juifs de Belgique un grand nombre de métiers si bien qu'au printemps 1942, le chômage sévissait dans la plupart des familles juives. En outre, peu de temps auparavant, en janvier 1942, à Wannsee, Hitler ordonnait la mise à exécution de la solution finale. Les Juifs fourniront donc la main- d'œuvre, nécessaire à ces gigantesques chantiers, en attendant d'aller mourir à Auschwitz. Le pouvoir allemand réussit, en prenant les étrangers certes juifs, à abuser tout un chacun, y compris les juifs eux-mêmes, sur la finalité de la déportation raciale.

    Des entreprises de bâtiment qui travaillent pour l'O.T. employaient cette main d'œuvre quasi gratuitement. Les enquêtes après la guerre livrent quelques noms : les firmes de la Ruhr Julius Berger d'Essen, Duur et Rosetzky de Stuttgart ou Albert Jung d'Euskirchen, on y trouve également une entreprise bruxelloise Sobeco, etc.

    Malgré la planification de la déportation des juifs de Belgique vers Auschwitz, les Nazis ne parviennent pas à rassembler les effectifs prévus. Ils décident donc de les compléter par les travailleurs des camps de la côte française. La solution finale a la priorité sur les objectifs militaires. Quatre convois au moins partiront : les convois XIV et XV du 24 octobre 1942 et XVI et XVII du 31 octobre 1942.

    Les 1833 juifs retirés des camps de travail ont toutes les raisons de redouter le pire de cette nouvelle " mise au travail " ,vers laquelle on les déporte. En grand nombre, ils sautent des trains en marche.

    Nous avons découvert au service des Victimes de la Guerre du Ministère de la Santé Publique, à Bruxelles, certains documents qui nous ont profondément interpellés. Il s'agit, entre autre, des " listes de salaires " établies par des firmes allemandes travaillant pour le compte de l'organisation Todt. Certains de ces noms nous étaient familiers, d'autres, par contre, nous étaient parfaitement inconnus.

    Notre démarche aura dès lors comme objectif de rendre un visage et une histoire à chacun de ces déportés. Notre génération a besoin de savoir pour pouvoir transmettre. Elle est peut-être plus à même d'inciter à parler ceux qui se sont tus à cause de l'absence d'écoute, du sentiment de culpabilité du survivant, de leur volonté de reconstruire une vie ou de leur honte de la condition à laquelle ils avaient été réduits.

    De plus, la lecture des rapports officiels traitant de ces salaires et d'autres fonds volés aux juifs de Belgique, nous amène à nous interroger sur la destination et l'usage qu'a fait l'Etat Belge des sommes ainsi récupérées.

    Aujourd'hui, nous avons pu reconstituer une partie de l'histoire de quasi chacun de ces déportés . Nous savons qui ils étaient, où ils habitaient, quelle était leur profession, leur nationalité, leur situation de famille, ou et quand ils sont nés et ce qu'il leur est advenu. Pour chacun d'entre eux, nous avons établi un dossier reprenant des témoignages directs et indirects, des documents d'époque et tous les renseignements que nous avons pu rassembler. Nous avons essayé de retrouver les survivants ou les membres de leur famille. Pour beaucoup d'entre eux, nous y sommes parvenus.

    Par ailleurs, dans le cadre de l'émission " fait divers " de la RTBF, un reportage leur a été consacré et sera diffusé ce 27 octobre vers 20 heures. L'émission sera rediffusée plus tard sur TV5 à une date qui reste à préciser.

    Il s'agit ici d'une première démarche, d'autres investigations et initiatives restent encore nécessaires pour achever ce travail. Nous espérons trouver un écho favorable auprès de tous pour ce qui nous paraît servir à la fois à la reconstruction de notre histoire, à un travail de mémoire ainsi qu'à un devoir élémentaire de justice.

    Top


    Nos buts

    L'étude de la Shoah met à mal quelques clichés. Réalité désenchantée: le bien n'a pas triomphé en 1945 et les coupables n'ont pas été jugés. La plupart des assassins "de terrain" ou "de bureau" - ces derniers surtout sans lesquels la machinerie du meurtre de masse n'eût pu fonctionner - n'ont pas été punis.La souffrance subie n'a été suivie d'aucune rédemption, ni de demande de pardon, ni de restitution des biens volés.

    En revanche, l'amertume, la culpabilité des survivants, la honte même des descendants ont perduré chez tous, comme ont perduré la peur et une quête inassouvie des origines.

    Le groupe de recherche "Dannes-Camiers" a été constitué par des enfants et petits enfants de déportés liégeois dans les camps de travail du Nord de la France (Dannes-Camiers et Condette).

    Il a pour objectif de retrouver, rassembler et diffuser les informations et les documents relatifs à cet épisode de la déportation des Juifs de Belgique. La découverte des listes de salaires des firmes allemandes (A.Yung, Berger, Duur et Rosetzky) qui employaient nos familles ouvre une problématique à laquelle notre intention est de nous confronter.

    • Nous postulons pour la singularité du génocide juif. Certes, l'unicité de cette tragédie est de mieux en mieux mise à jour, mais trop souvent encore les comparaisons banalisantes en noient la singularité sous le lamento éploré des malheurs du monde.

    • Nous pensons que si la commémoration est un partage de valeurs et de principes communs, elle n'est malheureusement pas synonyme de connaissances. Appréhender l'étude de cet épisode de la Shoah, le diffuser et l'inscrire au-delà du seul antisémitisme sera aussi notre objectif.

    • Nous pensons qu'une mémoire fondée seule sur l'émotion est fragile, politiquement vaine et n'est l'expression d'aucune digue politique. La compassion affichée et sincère n'est la garantie d'aucune vertu civique. Le résultat de nos recherches et la diffusion des faits seuls nous importent.

    • Comme le souligne l'historien Maxime Steinberg ce sont une vingtaine de SS, en charge des affaires juives pour la Belgique et le Nord de la France, qui parviennent à faire déporter 25.000 personnes et il est évident qu'ils ne pouvaient le faire seuls. Il y a eu toute une série de relais dans l'appareil de l'état belge, dans la société belge et même dans la société juive. Nous entendons, par notre travail, apporter notre contribution et notre soutien à tous ceux qui se battent aujourd'hui en Belgique contre cette forme particulière d'amnésie: l'occultation de la responsabilité de l'état dans la persécution des Juifs de Belgique.

    • Pour que les numéros sur les listes deviennent des noms, pour que chaque nom soit porteur de son histoire, avec l'aide du Musée de la Communauté Israélite de Liège, nous mettrons nos dossiers à disposition de tous, nous informerons de la méthode utilisée et du lieu où se trouvent les archives.

    • Nous revendiquons pour notre communauté le droit de se réapproprier les fragments de son histoire (documents, papiers personnels, etc..), quelles que soient les réglementations administratives qui protègent encore certaines de ces archives.

    • Enfin, un autre combat nous attend: que la vérité et la justice soient faites sur les spoliations qu'ont subies nos familles.
    Groupe de recherche Dannes-Camiers, 1999.

    Top


    Qui sommes nous

    Membres de l'ASBL La mémoire de Dannes-Camiers.
    • Nathalie Borowski
    • Myriam Glikerman
    • Jacques Bude
    • Marc-Henri Cykiert
    • Jean Claude Griess
    • Charles Peguine
    • Foulek Ringelheim
    • Thierry Rozenblum
    • Michel Weinblum
    • Marc Wolf

    Myriam Glikerman née le 27/07/1952. Membre de l'Hashomer Hatzair de 1960 a 1972. Khaverat Kibboutz Revadim de 1972 à 1975. Mère de Ruben et de Abigail.

    Petite fille de Hinda Szkop, Shlomo Noakh Piotrokowski (maternel).
    Petite fille de Haya Likier, David Glikerman (paternel).
    Fille de Brucha Piotrokowska et Symka Glikerman.

    Jean Claude Griess (Yokhi) né le 20/05/1951. Membre de l'Hashomer Hatzair de 1959 a 1970. Khaver du Kibboutz Revadim de 1970 à 1979. Marié à Sylvia Raszkin, 2 enfants: Steve et Leslie.

    Petit fils de Khaim Katz, déporté à Dannes-Camiers le 26 Juillet 1942 et envoyé à Auschwitz par le convoi XVI du 31/10/1942, qui par chance s'est évadé du convoi.
    Petit fils de Meir Griess, qui à eu la chance d'échapper à la deportation en prenant le dernier bateau en partance de Marseille pour le Maroc.
    Fils de Leiser Griess.

    Cette recherche, je la dédie à mon Grand-père, Khaim Katz.

    Thierry Rozenblum (Yokhai) né le 03/06/1954. Membre de l'Hashomer Hatzair de 1961 a 1971. Marié à Fiorella Bassan.

    Petit fils de Szym Rozenblum, déporté à Dannes-Camiers le 03/08/1942 et envoyé à Auschwitz par le convoi XVI du 31/10/1942, qui, par chance, s'est évadé du convoi.
    Petit fils de Herman Prezerowitcz, déporté à Auschwitz de Drancy, par le convoi XXV du 28/08/1942 et qui n'est jamais revenu.
    Neveu de Hanny Rozenblum, déportée à Auschwitz de Malines par le convoi I du 04/08/1942, et qui n'est jamais revenue.
    Fils de Bernard Rozenblum.
    Fils de Maisy Prezerowitcz

    Cette recherche je la dédie à mon grand-père Szym Rozenblum à la veille de son 102eme anniversaire, toujours fort et lucide.
    À la mémoire de Herman Prezerowitcz et Hanny Rozenblum assassinés à Auschwitz
    Et enfin à la mémoire de Ugo Bassan pour m'avoir le premier montré tout l'interêt d'une recherche généalogique.

    Michel (Mikha) Weinblum né le 15/05/1952. Membre de l'Hashomer Hatzair de 1959 a 1972. Khaver Kibboutz Revadim de 1972 à 1981. Marié à Astrid De Visser, 3 filles, Yaël, Sharon et Laura.

    Fils de Léo Weinblum, déporté à Dannes-Camiers le 03/08/1942 et envoyé à Auschwitz par le convoi XVI du 31/10/1942, qui, par chance, s'est évadé du convoi.
    Fils de Sophie Kornowski
    Petit fils de Nathan Kornowski et Regina Grynspan.
    Petit fils de Heiner et "Bobonne" Wajnblum.

    Cette recherche, je la dédie à mes parents.
    Si mon père n'avait pas sauté du train
    Si ma mère ne s'était pas évadée de la Citadelle
    Mon frère et moi ne serions pas là
    A mon oncle qui n'est pas revenu d'Auschwitz

    Marc (Moshè) Wolf, né à Liège le 01/07/1951. Membre de l'Hashomer Hatzair de 1959 a 1972. Khaver Kibboutz Revadim de 1972 à 1982. Marié à Michèle Erlbaum, 2 enfants Esther et Dany.

    Fils de Michal Wolf, déporté à Dannes-Camiers le 03/08/1942 et envoyé à Auschwitz par le convoi XVI du 31/10/1942, qui par chance s'est évadé du convoi.
    Neveu de Aaron David Wolf, déporté à Dannes-Camiers le 03/08/1942 et envoyé à Auschwitz par le convoi XVI du 31/10/1942, qui par chance s'est évadé du convoi.
    Petit fils de Hinda Wolf Koltun, déportée à Auschwitz par le convoi XVI du 31/10/1942, qui n'est jamais revenue.
    Petit fils de Sala Rotsztain-Wajcblum, déportée à Auschwitz par le convoi XX du 19/04/1943, qui, par miracle, fut rapatriée.

    Cette recherche, je la dédie à mes enfants, Esther et Dany, parce qu'ils ont aujourd'hui l'âge qu'avaient mon père et mon oncle quand ils ont sauté du train qui les emmenait à la mort, pour que l'Histoire ait enfin un visage, qu'elle soit leur Histoire, qu'elle devienne pour eux Mémoire, et qu'ils la transmettent, à leur tour.

    Home |  Top

    Qui ? |  Histoire |  Archives |  Liste des déportés |  Photographies |  Votre soutien
    Bibliographie |  Correspondance |  Presse |  Remerciements |  Liens |  Actualité |  Ecrivez-nous |  English
    © Groupe de recherches Dannes-Camiers
    Web Engineering NEWEDGE